Sur un chantier, trois choses sont obligatoires dès le premier salarié : du matériel de premiers secours adapté aux risques et facile d'accès, l'affichage des coordonnées du médecin du travail, des secours et de l'inspection du travail, et des moyens pour combattre un début d'incendie. Le contenu de la trousse et le nombre d'extincteurs ne sont pas fixés par un texte : ils découlent de votre analyse des risques.
Ce qui est obligatoire, ce qui ne l'est pas
Beaucoup de listes circulent. Voici ce que disent vraiment les textes.
| Élément | Obligation | Référence |
|---|---|---|
| Matériel de premiers secours | Oui, adapté aux risques et facilement accessible | Code du travail, R4224-14 |
| Contenu précis de la trousse | Pas de liste officielle, à définir avec le médecin du travail | INRS |
| Médicaments dans la trousse | Non, sauf protocole avec le médecin du travail | INRS |
| Secouriste formé | Chantier de 20 travailleurs ou plus, plus de 15 jours, travaux dangereux | Code du travail, R4224-15 |
| Coordonnées médecin du travail, secours, inspection | Oui, affichées dans un lieu accessible | Code du travail, D4711-1 |
| Moyens contre un début d'incendie | Oui | Code du travail, R4227-28 |
| Un extincteur pour 200 m² | Vise les bâtiments, pas les chantiers selon l'OPPBTP | R4227-29 |
La trousse de premiers secours
L'obligation
L'article R4224-14 du Code du travail impose que les lieux de travail soient équipés d'un matériel de premiers secours adapté à la nature des risques et facilement accessible. Un chantier est un lieu de travail. Il n'y a pas de seuil d'effectif : un artisan avec un seul salarié est concerné.
Le contenu
Aucun texte ne fixe une liste. L'INRS précise que l'employeur définit le contenu après avis du médecin du travail, en tenant compte de l'évaluation des risques et de la formation des personnes qui l'utiliseront.
L'INRS donne un exemple de base, à adapter :
- pour protéger celui qui soigne : gants à usage unique, gel hydroalcoolique, masque pour le bouche-à-bouche ;
- pour les plaies : savon liquide, antiseptique, compresses stériles, pansements, sparadrap hypoallergénique, bandes extensibles, ciseaux à bouts ronds ;
- en complément : couverture de survie.
Pour un chantier du bâtiment, le médecin du travail peut conseiller d'ajouter ce qui répond aux risques propres au métier : coupures profondes, projections dans les yeux, brûlures lors du brasage. C'est son avis qui fait foi, pas un catalogue.
Pas de médicaments
Une trousse utilisée par des personnes qui ne sont pas des professionnels de santé ne doit pas contenir de médicaments. Une exception est possible dans le cadre d'un protocole établi avec le médecin du travail. Retirez donc le paracétamol et les anti-inflammatoires que l'on trouve souvent dans les trousses du commerce.
L'emplacement et le contrôle
La trousse doit être facile d'accès. Sur un chantier, cela veut dire dans le camion ou la base vie, pas au bureau à vingt kilomètres. Si l'équipe se divise sur plusieurs chantiers, chaque équipe a sa trousse.
Prévoyez un contrôle régulier : produits manquants, dates de péremption, emballages ouverts. L'INRS recommande une procédure de contrôle qui permet de remplacer ce qui est périmé ou utilisé.
La trousse ne remplace pas l'appel aux secours
Le matériel de premiers secours complète l'alerte, il ne la remplace jamais. Chacun sur le chantier doit savoir composer le 15, le 18 ou le 112, et donner l'adresse exacte du chantier.
Le secouriste
L'article R4224-15 impose qu'un membre du personnel ait reçu la formation de secouriste dans deux cas :
- chaque atelier où sont accomplis des travaux dangereux ;
- chaque chantier employant au moins vingt travailleurs pendant plus de quinze jours, où sont réalisés des travaux dangereux.
Pour une petite entreprise, le second cas est rare. Mais un accident grave ne prévient pas, et une équipe de deux ou trois personnes isolée sur un chantier gagne à compter au moins un sauveteur secouriste du travail formé.
L'affichage obligatoire
Les coordonnées
L'article D4711-1 impose d'afficher, dans des locaux normalement accessibles aux travailleurs, l'adresse et le numéro d'appel :
- du médecin du travail ou du service de santé au travail ;
- des services de secours d'urgence ;
- de l'inspection du travail compétente, avec le nom de l'inspecteur.
Sur chantier, l'affichage se fait dans la base vie ou à l'endroit où l'équipe se retrouve. L'OPPBTP propose des affiches gratuites et personnalisables pour ces coordonnées.
Les autres affichages
Selon le chantier, d'autres consignes s'ajoutent : consigne de sécurité incendie et plan d'évacuation selon l'analyse du risque incendie, consignes propres à un risque particulier. Le panneau de chantier qui affiche l'autorisation d'urbanisme relève du Code de l'urbanisme : il incombe au bénéficiaire de l'autorisation, souvent le maître d'ouvrage.
Les extincteurs
L'article R4227-28 pose le principe : l'employeur prend les mesures pour que tout commencement d'incendie puisse être rapidement et efficacement combattu.
L'article R4227-29 fixe pour les bâtiments au moins un extincteur à eau pulvérisée de 6 litres pour 200 m² de plancher, et au moins un par niveau. L'OPPBTP précise que cette règle des 200 m² ne vise pas les chantiers du BTP. Sur un chantier, c'est l'analyse du risque incendie, faite par le maître d'ouvrage ou le coordinateur SPS, qui détermine le type, le nombre et l'emplacement des extincteurs.
En pratique, l'OPPBTP recommande aussi un extincteur à proximité des postes qui présentent un risque d'incendie, pour la durée de l'opération :
- travaux par points chauds : soudure, brasage, découpe à la disqueuse ;
- stockage de solvants, de peintures ou de bouteilles de gaz ;
- tableau électrique provisoire de chantier.
Le type d'extincteur dépend de la classe de feu probable. L'OPPBTP rappelle que les extincteurs se maintiennent en bon état de fonctionnement et cite la norme NF S 61-919, qui recommande une vérification annuelle par une personne compétente.
La liste avant le premier jour
Avant d'ouvrir un chantier avec un salarié ou un apprenti, vérifiez :
- la trousse de secours est dans le camion, complète et à jour ;
- les coordonnées obligatoires sont affichées dans la base vie ;
- un extincteur adapté est à portée de main pour chaque risque d'incendie identifié ;
- chacun connaît l'adresse du chantier et les numéros d'urgence ;
- les EPI de chacun sont remis et tracés.
Pour ce dernier point, voyez notre guide sur les EPI obligatoires et les obligations de l'employeur. La page conformité chantier reprend les critères, et la page protections par métier les normes des EPI. Pour la tenue, notre guide sur le vêtement de travail fait le point.