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Protections par métier

Chaussures de sécurité S1P, S3, S3S, S7 : que choisir ?

7 min de lecture · mis à jour le

Pour un chantier du bâtiment, la chaussure de sécurité de référence est la S3, ou sa variante S3S avec insert textile plus souple. La S1P convient à l'intérieur sec. Les lettres se lisent selon la norme EN ISO 20345, révisée en 2022, qui a ajouté de nouvelles catégories et changé certains marquages.

Trois familles de chaussures, une seule de sécurité

L'INRS distingue trois familles selon la protection des orteils :

  • chaussure de sécurité, norme EN ISO 20345 : embout qui résiste à un choc de 200 joules et à un écrasement de 15 kN ;
  • chaussure de protection, norme EN ISO 20346 : embout testé à 100 joules ;
  • chaussure de travail, norme EN ISO 20347 : pas d'embout de protection.

Sur un chantier où des charges, des parpaings ou des outils peuvent tomber, c'est la chaussure de sécurité qui s'impose. L'INRS rappelle que 200 joules correspondent à peu près à un objet de 20 kg qui tombe d'un mètre.

Les catégories de la norme EN ISO 20345:2022

Chaque catégorie ajoute des exigences à la précédente. Le tableau ci-dessous reprend les principales.

Catégorie Ce qu'elle garantit en plus de l'embout Usage typique
SB Exigences de base seulement Rarement adaptée au chantier
S1 Talon fermé, antistatique, absorption d'énergie au talon Atelier sec, sans risque de perforation
S1P, S1PL, S1PS S1 et résistance à la perforation Intérieur sec avec clous, vis, débris
S2 S1 et tige résistante à la pénétration et à l'absorption d'eau Sols humides sans risque de perforation
S3, S3L, S3S S2, résistance à la perforation et semelle à crampons Chantier extérieur, gros œuvre, terrain meuble
S6 S2 et chaussure entière résistante à l'eau Milieu très humide sans perforation
S7, S7L, S7S S3 et chaussure entière résistante à l'eau Chantier sous la pluie, terrassement, VRD

P, PL ou PS : le type d'insert anti-perforation

La version 2022 distingue trois inserts, et le marquage le dit :

  • P : insert métallique, testé avec un clou de 4,5 mm ;
  • PL : insert non métallique, testé avec un clou de 4,5 mm ;
  • PS : insert non métallique, testé avec un clou plus fin de 3 mm.

Une S3 sans lettre a donc un insert métallique. Une S3L ou une S3S ont un insert textile, plus souple et plus léger. Le choix dépend du risque : vis fines et agrafes de plaquiste ne présentent pas le même danger que des clous de coffrage.

Les marquages qui ont changé en 2022

Trois évolutions à connaître quand vous lisez une étiquette :

  1. WRU disparaît. Il est remplacé par WPA, qui teste la pénétration et l'absorption d'eau de la tige. La marque WR signale une chaussure entière résistante à l'eau.
  2. SRA, SRB et SRC disparaissent. Toutes les chaussures passent désormais un essai de base d'antidérapance. La mention SR signale un essai supplémentaire réussi, plus exigeant.
  3. La résistance aux hydrocarbures devient optionnelle. Elle est signalée par la lettre FO. Si vos sols sont souillés de carburant ou d'huile, vérifiez qu'elle figure.

Vous trouverez encore des chaussures certifiées selon l'ancienne version de la norme. Leurs marquages restent lisibles avec les anciennes règles. Regardez la date de la norme sur l'étiquette.

Les marquages complémentaires utiles au bâtiment

Au-delà de la catégorie, des lettres signalent des protections en plus :

  • HRO : semelle résistante à la chaleur de contact, utile près des enrobés chauds ;
  • CI et HI : isolation contre le froid ou la chaleur ;
  • M : protection du métatarse, pour la manutention de charges lourdes ;
  • AN : protection de la cheville ;
  • E : absorption d'énergie au talon, déjà incluse dans S1 et au-dessus.

Quelle chaussure pour quel métier

L'évaluation des risques de votre entreprise décide. Ce tableau donne un point de départ.

Métier Catégorie de départ À vérifier
Maçon, gros œuvre S3 ou S7 Semelle à crampons, insert P ou PL selon les clous
Couvreur S3 ou S3S Semelle souple qui garde l'adhérence sur la toiture
Électricien S1P ou S3 Propriétés électriques selon la notice, intérieur ou extérieur
Plombier chauffagiste S3 Sols humides, travail à genoux
Peintre, plaquiste S1P ou S3S Légèreté, insert PS contre les vis fines
Terrassier, VRD S7 Chaussure entière résistante à l'eau, FO si hydrocarbures

Pour l'électricien, attention : une chaussure antistatique n'est pas une chaussure isolante. La protection contre le risque électrique relève d'autres normes et ne remplace jamais la consignation. Voyez notre guide sur les outils isolés 1000 V.

Bien choisir au-delà de la norme

Le confort décide du port

L'INRS insiste sur un point : une chaussure inconfortable n'est pas portée. Pointure, largeur, poids et maintien comptent autant que la catégorie. Un essai sur une journée de travail réelle vaut mieux qu'un essayage en magasin.

Haute ou basse

La chaussure montante maintient mieux la cheville sur terrain irrégulier et protège des projections. La basse est plus légère pour un travail en intérieur sur sol plat. Sur le gros œuvre, la montante est la règle.

Quand la remplacer

Aucun texte ne fixe une durée de vie en mois. L'employeur remplace la chaussure quand c'est nécessaire (article R4323-95) : embout visible ou déformé, semelle usée jusqu'aux crampons, tige percée, insert endommagé après un clou. La notice du fabricant indique les signes d'usure à surveiller.

Pour estimer combien de paires prévoir sur l'année, utilisez notre calculateur de dotation annuelle, à partir de la durée d'usage que vous constatez dans votre équipe.

Le premier jour d'un salarié ou d'un apprenti

Relevez la pointure avant l'arrivée de la personne. Une chaussure neuve se fait au pied en quelques jours : prévenez que la première semaine peut être moins confortable, et vérifiez qu'aucune blessure n'apparaît. Si la gêne dure, changez de modèle plutôt que de laisser la personne travailler en baskets. L'OPPBTP place les chaussures parmi les EPI à remettre dès l'accueil d'un apprenti.

Ce que l'employeur doit faire

La chaussure de sécurité est un EPI. L'employeur la fournit gratuitement, à la bonne pointure, et la remplace quand elle est usée. Elle est réservée à un usage personnel. Le salarié ne paie ni l'achat ni le remplacement.

Retrouvez l'ensemble des obligations dans EPI obligatoires dans le BTP, et les autres protections dans la page protections par métier.

Sources

  1. INRS, ED 6509 : Les équipements de protection individuelle du pied et du bas de la jambe
  2. INRS, Quelle protection individuelle choisir pour les pieds et les jambes ?
  3. Code du travail, article R4323-91 (EPI appropriés aux risques)
  4. Code du travail, article R4323-95 (fourniture gratuite)

Vos questions

Quelle différence entre S1P et S3 ?

Les deux ont un embout, un talon fermé, une protection antistatique et une résistance à la perforation. La S3 ajoute une tige qui résiste à la pénétration et à l'absorption d'eau et une semelle à crampons. Sur un chantier extérieur, boueux ou humide, la S3 est le choix habituel.

Que veut dire S3S ?

C'est une S3 dont la protection anti-perforation est un insert non métallique testé avec un clou de 3 mm. Une S3 simple a un insert métallique, une S3L un insert non métallique testé avec un clou de 4,5 mm.

La mention SR est-elle obligatoire ?

Non. Depuis la version 2022, toutes les chaussures de sécurité passent un essai de base d'antidérapance. La mention SR signale un essai supplémentaire, plus exigeant, sur carrelage enduit de glycérine.

Les chaussures S3 sont-elles imperméables ?

La S3 garantit une tige qui résiste à l'eau, pas une chaussure entière étanche. Pour une chaussure testée entière contre l'eau, la version 2022 a créé les catégories S6 et S7.

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